Histoire

La Cathédrale Saint-Mammès date de la seconde moitié du XIIème siècle.

En 1862 elle sera classée monument historique, et deviendra ainsi propriété de l’état qui en assure l’entretien.

Ce bâtiment intrigue par ses dimensions impressionnantes qui sont très importantes par rapport à la taille de la ville (7700 habitants en 2015).

Aujourd’hui elle reste le monument de la cité lingonne le plus visité.

Pourquoi la Cathédrale Saint Mammès s’appelle Saint Mammès?

           Cette explication est donnée par le bas-relief des années 1570, située dans la cathédrale. Il représente l’arrivée des reliques de Saint-Mammès dans la ville de Langres et explique comment la cathédrale, auparavant dédié à Saint-Jean l’évangéliste, a pris le nom de Saint-Mammès. Voici l’histoire :

           Au temps où nos pères allaient visiter dévotement la Terre sainte, un gentilhomme français passant par Constantinople entendit les merveilles qui se disaient du Grand Martyr Mammès. Il eut fort envie d’en avoir des reliques et Dieu lui fit obtenir un os de la nuque. Il le reçut comme le viatique assuré de son voyage de retour. Arrivé auprès de la ville de Langres, il s’arrêta en un lieu nommé Grandpré et attacha à une branche d’arbre la bourse où était la relique qu’il portait ordinairement pendue à son cou.

            Au moment de la reprendre, il n’en put venir à bout, non plus que ses compagnons appelés à la rescousse. Alors ils montèrent en ville pour dire à l’évêque ce qui leur était arrivé. Ce prélat ordonna un jeûne et une procession générale. Arrivé, à genoux avec toute l’assistance, il pria ; mais malgré tous ses efforts, il ne put retirer les reliques de la branche où elles étaient attachées avec un simple cordon de soie. Rien n’y fit, pas même le vœu de les enchâsser dans l’or et les pierreries et de célébrer le saint solennellement tous les ans.

            Alors qu’ils allaient s’en retourner tout confus, un vénérable vieillard, poussé par l’Esprit de Dieu, proposa de promettre au Martyr que la cathédrale porterait désormais son nom au lieu de celui de saint Jean l’Evangéliste. Toute l’assistance applaudit et l’évêque offrit le titre de son église au Grand Martyr : les Reliques tombèrent d’elles-mêmes entre ses mains. Elles furent mises le même jour en possession de cette ancienne et pieuse cité de Langres. 

[Alexandre Cordier, Histoire du Grand Martyr S. Mammès, patron de l’Église de Lengres, À Paris, chez Sébastien Cramoisy, Imprimeur ordinaire du Roy et de la Reyne Régente, et Gabriel Cramoisy, M. DC L., pp. 161-170)

La création

La Cathédrale de Langres aurait été construite entre 1150 et 1196. « Aurait été » car aucune trace écrite ne certifie ces dates.

L’architecte de la cathédrale est inconnu. Mais son commanditaire serait Geoffroy de la Roche-Vanneau.

Qui était Geoffroy de la Roche-Vanneau ? C’est un ami de celui qui deviendra Saint-Bernard. Il entre à Cîteaux en 1122 et sera le fondateur de Clairvaux en 1115 et de Fondenay en 1119 puis il deviendra prieur de Clairvaux en 1127. En 1138, avec l’aide de saint Bernard il deviendra êveque de Langres. Il est nomé légat du pape (aux côtés du roi Louis VII) de 1147 à 1149, soit durant la seconde croisade. Pendant cette expédition, il rédigera Passion de saint Mammès.

La cathédrale aurait été contruite en deux temps :

  • Entre 1150 et 1170 : le chœur, le déambulatoire et une chapelle axiale
  • Entre 1170 et 1200 : achèvement du transept, de la nef et élévation de la façade oxidentale
Schéma explicatif du vocabulaire (ici exemple avec une architecture romane)

Les modifications

Au XIIIème siècle : Construction du cloître.

Au XIVème : Construction des chapelles du chevet

1547 à 1551 : Construction de la Chapelle Sainte-Croix (appelée aujourd’hui « La Chapelle d’Amoncourt« ; découvrez là dans l’onglet Visiter à distance)

1761-1768 : Reconstruction de la façade occidentale (paragraphe et vidéo explicative, dans l’onglet Architecture)

1792 : transformations intérieures : installation de différentes pièces de l’abbaye de Morimond (le grand orgue, les grilles du chœur …)

1806 : Installation du maître-autel

1835 à 1868 : Restauration complète de l’édifice et construction de la sacristie

1968 : Mise en place de nouveaux vitraux (ceux de Philippe Duvivier)

1994 : Aménagement de la salle du chapitre en chapelle du Saint-Sacrement

1999 : Début de la mise en place d’une couverture en tuiles vernissées (cf : paragraphe « La toiture de la cathédrale » dans l’onglet Architecture)

2020 : Mise en place d’une nouvelle estrade dans le chœur de l’édifice